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jeudi 10 novembre 2011

L'Allemagne et l'euro


La crise financière de l'euro a révélé plusieurs problèmes liés au gouvernement et surtout à la structure politique et économique de l'Union européenne (UE). Parmi ceux-ci, il apparait désormais flagrant que les égoïsmes nationaux sont une source majeure d'enlisement de cette crise. Les marchés financiers l'ont bien compris et ils spéculent sans vergogne sur cette faiblesse de l'Union. Après avoir attaqué l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, La Grèce, voici venu le tour de l'Italie, en attendant la France et la suite.... Il est maintenant évident que l'Union ne pourra pas faire face a ces spéculateurs de façon efficace tant qu'elle ne leur opposera pas un front uni. La solution est pourtant connue : il faut que la Banque centrale européenne (BCE) puisse racheter la dette des Etats de l'Union, ce à quoi s'oppose l'Allemagne jusqu'à présent pour des motifs purement nationaux. Mieux encore, la fusion de toutes les dettes de l'UE en une seule serait un signal évident de la solidarité interne à la zone Euro qui serait susceptible de freiner l'ardeur des spéculateurs.

En fait, l'UE fonctionne sur le principe des vases communicants : pour que certains pays fassent des excédents (Allemagne par exemple) il faut que d'autres pays de l'Union se retrouvent en déficit (Espagne, Italie, France par exemple). Les premiers sont les créditeurs de l'Union, tandis que les autres en sont les débiteurs. L'Allemagne ne voulant pas enregistrer de déficit, elle condamne les autres pays de la zone à ne pas faire d'excédents, sauf à le faire par rapport aux autres pays du monde. La position de force de l'Allemagne (meilleure note des agences de notation) lui permet de contrôler la BCE. Faisant peu de cas des difficultés des autres pays de l'Union, l'Allemagne s'entête à vouloir demeurer la « première de la classe » quitte à entrainer l'Union, et au delà le reste du monde dans une spirale incontrôlable et infernale. Cette attitude risque d'être couteuse à ce pays à long terme. En effet, il doit sa richesse en grande partie à ses échanges avec les membres de l'Union. Il ne serait, dès lors, pas étonnant qu'un jour les pays qui ont souffert des attaques des spéculateurs à cause du blocage opéré par l'Allemagne à la question du rachat de la dette par la BCE, que ces pays fassent payer aux entreprises allemandes cette attitude peu solidaire. Les membres de l'Union devrait toujours avoir en mémoire que la construction européenne entraine des droits mais aussi des devoirs. Une telle union ne peut se faire au seul profit d'un seul pays et au détriment de tous les autres. Pour pouvoir aller plus loin il est non seulement important, mais déterminant, que la solidarité inter gouvernementale prenne le pas sur les attitudes frileuses de défense des seuls intérêts nationaux. Il y va de la survie de l'UE, y compris de celle de l'Allemagne.

samedi 17 septembre 2011

Les conditions de la résolution de la crise Européenne


Pourquoi est-il si difficile de trouver une solution à la crise européenne ? Il est certain que le manque de solidarité au sein de l'Union Européenne (UE) n'est pas un facteur favorable à la résolution de la crise mais, il est aussi facile de constater que les fumeux marchés qui attaquent constamment l'euro, tout comme les fameuses agences de notation qui rendent la vie difficile aux Européens, se situent généralement en dehors de la zone euro.

Tout se passe donc comme si des forces maléfiques, externes à l'UE, s'étaient coalisées afin de tenter de faire éclater l'Union en spéculant bien sûr sur les mésententes qui règnent au sein de l'Union... Pour savoir quelles sont les forces qui manipulent les marchés dans ce sens, il faut chercher à qui profite le crime ? Il y a d'abord les Etats-Unis d'Amériques (EUA) qui traversent une crise sans précédent et qui ont tout intérêt à ne pas voir une Union Européenne florissante venir occuper les places qu'ils pourraient perdre du fait de leur faiblesse actuelle. On ne doit pas non plus oublier le Royaume-Uni qui n'a jamais vraiment cru en l'Europe et qui d'ailleurs, ne fait toujours pas partie de la zone Euro. Ce pays est, traditionnellement un allié fidèle des EUA.

Il y a enfin, les « ennemis de l'intérieur », les Européens qui n'ont jamais cru en la construction européenne et qui verrait d'un bon œil s'écrouler ce projet. Cette catégorie se caractérise surtout par un nationalisme fort et par le regret de voir les Etats abandonner leurs pouvoirs au profit d'une entité fédérale qui n'existe pas encore. Il est étonnant de constater que, ceux-là même qui craignent, par exemple, de voir la France abdiquer une partie de ses pouvoirs au profit de l'Europe, se préoccupent fort peu du transfert, déjà bien avancé, des prérogatives de l'Etat vers la finance internationale et vers les entreprises multinationales... Le Front National, en France, est un bon exemple de cette catégorie de personnes.

Ces constats montrent à quel point il est illusoire de penser que la solution de la crise européenne sera aisée. Pour aboutir à une stratégie efficace de résolution, il est impératif que l'unité se renforce au sein même de l'Union. C'est une condition nécessaire (mais non suffisante) pour réussir à contrer la coalition des ennemis de l'extérieur. Il est de la responsabilité des citoyens européens de peser sur leurs dirigeants afin qu'ils s'orientent vers plus de solidarité au sein de l'Union. Les alliés potentiels de l'UE que constituent les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) doivent eux-aussi jouer un rôle actif dans cette nécessaire prise de conscience des dirigeants européens. Ils n'ont en effet, aucun intérêt à se retrouver en situation de face à face avec la seule puissance des EUA s'ils veulent poursuivre leur développement de façon la plus harmonieuse et durable possible...

lundi 30 mai 2011

Visions d'avenir pour l'Europe


L'Union européenne (UE) traverse une crise difficile depuis un certain temps. J'ai moi-même écrit sur ce thème plusieurs chroniques (voir par exemple : « Euro-optimisme » du 7 mai 2010; « La dangereuse tessélation du monde » : 21 août 2010; « Le problème des ROMs en Europe » : 27 août 2010; « L'incohérence en politique » : 21 novembre 2010; « La gouvernance citoyenne » : 6 avril 2011).

Les divisions au sein de l'UE, les réflexes nationalistes qui s'y manifestent, le chacun pour soi qui domine, tout cela ne concourt pas à la résolution des difficultés. Jusqu'à présent, il semble que la seule approche qui ait mobilisé les responsables européens soit celle par le haut, c'est à dire celle qui recherche la cohésion et l'entente par des négociations menées au niveau des responsables politiques notamment. On a vu, à plusieurs reprises, que cette façon de faire n'était guère couronnée de succès. Récemment encore, l'arrivée des émigrés tunisiens a permis de constater les divisions qui règnent entre les chefs d'Etats et de Gouvernements de l'UE. La question du soutien à la Grèce n'a pas dévoilé une entente meilleure entre les politiques.

Des évènements récents, les mobilisations populaires et, singulièrement, d'une grande partie de la jeunesse, telles qu'elles ont lieu en Espagne, en Grèce, et qui commencent à se généraliser en Europe à la France, au Portugal,... sont de nature à redonner de l'espoir en laissant entrevoir une solution aux divisions paralysantes de l'UE. Les « Indignés » de l'Europe, s'ils poursuivent leur mobilisation, vont peut-être contribuer à résoudre la question cruciale de la désunion de l'UE. Un peu à l'image des révoltes populaires qui ont conduit à la possibilité d'autres avenirs en Tunisie et en Egypte, les « Indignés » peuvent ouvrir la voie vers des lendemains plus souriants pour les citoyens de l'UE.

En effet, ces révoltes, si elles se poursuivent, s'amplifient et se généralisent, seront conduites à rechercher des convergences entre elles, à se soutenir mutuellement, à se structurer au niveau international, si elles veulent se renforcer et augmenter la pression sur les Gouvernements de l'UE. Cette convergence est d'autant plus prévisible que les revendications exprimées par les révoltés sont, à peu de choses près, les mêmes partout : opposition aux plans de rigueur, du travail pour tous et surtout pour les jeunes qui sont les principales victimes du chômage, des conditions de retraite décentes pour les plus âgés, accueil des émigrés dans des conditions décentes,...

L'unité Européenne qui a tant de mal à se faire actuellement, pourrait alors, sortir renforcée de cette « union des peuples », de cette unité par la base qui semble actuellement se dessiner. Si les Chefs d'Etats Européens ne parviennent pas à s'entendre pour résoudre la crise de l'Union, alors les citoyens pourront, par leurs actions convergentes et par leurs rassemblements unitaires, faire en sorte de leur imposer l'entente et la cohésion...