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mardi 24 mai 2011

Nature en péril


J'ai regardé le 23 mai 2011, sur la chaine de télévision canadienne RDI, un reportage sur l'aménagement en cours de la rivière « La Romaine » dans la grande région de la Côte-Nord du Québec. Hydro-Québec, la compagnie nationale d'électricité du Québec, est en voie de construire quatre grands barrages sur cette rivière pour produire de l'hydroélectricité qui sera en majeure partie revendue aux Etats-unis d'Amérique, puisque la production actuelle est déjà excédentaire pour la province de Québec.

Ce qui m'a choqué dans ce projet est la destruction du site qui en résultera. Le trajet de ce cours d'eau est, en effet, d'une très grande beauté, avec des paysages à couper le souffle, des forêts, des rapides, des chutes d'eau, des vallonnements, de grands espaces, une faune... qui mériteraient d'être protégés en en faisant un Parc naturel. Ces paysages, on le sait aujourd'hui, sont, en outre, un patrimoine susceptible d'être exploités pour le tourisme et l'éducation...


Dans le contexte contemporain de réduction de la biodiversité mondiale, de réchauffement climatique, de pollution généralisée... on ne peut que regretter que le Québec ne tente pas de sauvegarder ces espaces naturels au lieu de les détruire pour quelques poignées de dollars. D'ailleurs, même en se limitant à un plan économique, il n'est pas certain que ce projet soit rentable puisque, par exemple, les Etats-unis d'Amériques se proposent d'acheter l'électricité produite à un coût de 6 centimes le KWh alors que le coût de production de cette électricité est évalué à environ 10c le KWh.

Sur le plan environnemental, on sait, d'autre part, que l'ennoiement des forêts nécessité par les constructions des barrages sera une cause de production de gaz à effet de serre par la décomposition des matières organiques qui s'en suivra. Cet effet de pollution induite a d'ailleurs conduit plusieurs pays (Brésil, Chine,...) à revoir à la baisse leurs projets de construction de barrages hydroélectriques. Bien entendu, ces effets néfastes seront plus importants en région tropicale que dans les régions nordiques mais ils demeurent néanmoins. Ces constructions entraineront aussi une destruction de la faune et de la flore qui viendra accentuer la diminution de la biodiversité mondiale.

Lorsqu'on considère cette réalisation à l'éclairage des autres dossiers environnementaux menés par le Québec dans les domaines de l'amiante, des gaz de schiste, du pétrole sous-marin, de l'uranium,... on ne peut qu'être inquiet de cette volonté de recherche de profit à court terme. Le Québec a la chance de posséder un territoire immense sur lequel les ressources favorables au développement durable sont légions : eau, vent, soleil, géothermie,... La « Belle province » aurait tout à gagner à s'orienter résolument vers la mise en oeuvre des énergies renouvelables, de devenir un leader en ces domaines, plutôt que de s'entêter à poursuivre dans des voies dépassées...

samedi 14 mai 2011

Les partis Verts doivent disparaître

Tout en partageant beaucoup d'idées avec les partis écologistes ou partis Verts, j'ai toujours ressenti des réticences à adopter totalement leur point de vue. Cette attitude m'a souvent intrigué sans que j'en comprennes la véritable raison. Ce n'est que récemment que j'ai pu mettre une explication rationnelle sur cette façon de penser.

En réalité, ce qui me gène chez les Verts, c'est simplement le fait de s'être constitués en partis politiques, d'avoir utilisé une discipline scientifique, l'écologie, qui par nature, intervient dans pratiquement tous les champs de la vie quotidienne, pour en faire la base et la raison d'être d'un parti politique. La comparaison la plus évidente qui me vient à l'esprit est celle qui pourrait être faîte à partir des sciences économiques. Devrait-on, aussi, mettre en place un « parti économique » à l'image des partis Verts ? La réponse est négative et, effectivement, un tel parti n'existe nulle part, pas plus qu'il n'existe un « parti des sciences physiques ». L'économie est une discipline qui intervient dans pratiquement toutes les activités humaines et, à ce titre, elle est prise en compte par l'ensemble des partis politiques, de la gauche à la droite. Il me semble que la situation de l'écologie est comparable. Cette discipline est, aujourd'hui plus qu'hier, au coeur de toutes les activités humaines et elle devrait donc, comme l'économie, être prise en compte au sein des programmes politiques de tous les partis plutôt que d'être en quelque sorte marginalisée au sein d'un parti spécifique. Procéder de cette façon me paraît contre productif, car on tend à présenter les problèmes sous un angle plus écologique que réel et, en conséquence, on tend à enlever de la portée aux solutions qui prennent en compte la protection de l'environnement. Cette dernière question concerne tous les citoyens et donc tous les partis politiques. Elle ne devrait pas être accaparée par un parti spécifique. En procédant ainsi, je crains que l'on enlève de la crédibilité aux solutions respectueuses du développement durable. Un simple exemple : l'exploitation des gaz de schiste ne concerne pas les seuls partis Verts. Elle est liée à la politique énergétique d'un pays et doit donc intéresser tous les partis.

Il est possible que la prise de conscience par les citoyens de l'importance de l'écologie pour l'avenir de la planète ait pu nécessiter la mise en place des partis Verts dans le passé, mais de nos jours, les citoyens semblent avoir bien intégré cette notion dans leur raisonnement et, à mon avis, l'écologie ne devrait plus être qu'un volet particulier des programmes politiques des partis généralistes comme le sont, par exemple, l'économie et la culture, ceci pour le plus grand profit de l'écologie... En conséquence les partis Verts devraient s'effacer...