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jeudi 18 octobre 2012
Les pièges de la popularité en politique
Des sondages récents en France et au Québec montrent un affaiblissement du soutien des citoyens aux gouvernement socialiste de François Hollande d'une part et, au gouvernement péquiste (Parti Québécois) de Pauline Marois d'autre part. On peut s'étonner de cette déception exprimée par les citoyens, si l'on considère les actions réalisées dans une période de temps plutôt courte dans les deux cas.
En France, il a fallut faire face à l'héritage de cinq année de « sarkozisme », autrement dit, de néo libéralisme à tous crins, qui a surtout favorisé les citoyens les plus riches. Dans le même temps, il a été nécessaire de gérer la grave crise qui affecte l'Union Européenne. Au Québec, il fallait corriger les dernières mesures du gouvernement du Parti Libéral du Québec de Jean Charest qui mettaient à mal le monde universitaire et la démocratie notamment.
Dans les deux cas, les nouveaux gouvernements ne paraissent pas avoir démérites. Le président Français a tenu tête à la chancelière Allemande en parvenant à faire inscrire la croissance à l'agenda du « Traité européen ». Il a ramené les pays d'Europe du sud parmi les acteurs de l'Union contrairement à Nicolas Sarkozy qui s'était rapproché de la seule Allemagne. Sur le plan intérieur, il a présenté un budget qui est, certes un budget de crise, mais qui pénalise plus les riches que les classes moyennes et pauvres. En politique étrangère il a redonné de la crédibilité à la France en Afrique notamment...
Au Québec, dès sa nomination le nouveau gouvernement a aboli l'augmentation des droits d'inscription universitaires qui avaient soulevé la population. Il a aussi mis fin a la loi spéciale qui affaiblissait la démocratie québécoise, il a modifié, enfin, la « taxe santé » qui frappait uniformément tous les citoyens, pour la rendre plus progressive donc plus juste …
Bref, dans les deux cas ces gouvernements paraissent avoir agit dans le bon sens et dans l'intérêt du plus grand nombre de citoyens. On ne peut guère, dans ces conditions, s'expliquer leur perte de popularité autrement que par un réflexe singulièrement égoïste des citoyens. Tout se passe comme si ceux-ci ne prenaient en compte que leur seul intérêt personnel et oubliaient totalement l'intérêt général. Si quelqu'un ne bénéficie pas d'une amélioration rapide de son seul sort, alors il manifeste son mécontentement quoique fasse le gouvernement par ailleurs... Il y a là un signe d'individualisme caractéristique de nos sociétés modernes. Chacun n'appréciant que son seul intérêt individuel et se désintéressant du sort de ses concitoyens et plus généralement d'autrui... La perte des valeurs qui fondent une société harmonieuse, à savoir la solidarité, la générosité et l'empathie à créée une société individualiste et égoïste qui risque d'avoir du mal à mobiliser les énergies nécessaires à sa remise en état...
Les gouvernements ne devraient pour autant pas se laisser influencer par cette attitude frileuse des peuples et continuer a faire prévaloir l'intérêt général avant ceux des particuliers tout en mettant en place les réformes susceptibles de redonner aux citoyens le sentiment qu'ils appartiennent à un ensemble de personnes non limité à eux seuls ou à leurs proches... Dans cette perspective, la réforme de l'école notamment, devrait jouer un rôle privilégié.
mardi 19 juin 2012
L'échec du Président Sarkozy
Un des résultats les plus évidents de la présidence de monsieur Sarkozy (mai 2007 à mai 2012) est le basculement général des institutions de la France vers la gauche. La Présidence de la République, le Sénat, l'Assemblée nationale, les Présidences de Régions, les Présidences de Conseils Généraux, les mairies des grandes villes, aucune institution de la République Française n'échappe à cette règle. On trouvera ci-dessous une liste des principales défaites de la Majorité présidentielle pendant le mandat du Président Sarkozy :
- Aux dernières élections municipales de mars 2008 : avant le scrutin, la droite détenait 21 mairies de villes de plus de 100 000 habitants sur 37. Au soir du 16 mars, elle n'en dirigeait plus que 12;
- À l'issue des dernières élections cantonales (désignation des Conseils généraux administrant les Départements) de mars 2011, la gauche a enregistré un gain de trois présidences pour un total de 61 sur 101, alors que la droite ne dirige plus quant à elle que 39 départements;
- Depuis les dernières élections régionales de mars 2010, la gauche détient 24 Présidences de Régions et de Collectivités Territoriales sur 27;
- Lors des dernières élections sénatoriales de septembre 2011, pour la première fois sous la 5e République, la majorité sénatoriale a basculé à gauche;
En mai 2011, le Président Sarkozy perdait les élections Présidentielles au profit de son rival socialiste François Hollande.
- En juin 2011, alors que le président Sarkozy venait de quitter la Présidence de la République, la majorité de l'Assemblée Nationale bascule à gauche, le Parti Socialiste gagnant la majorité absolue de cette assemblée;
- En juin 2011, l'Assemblée Nationale reçoit, pour la première fois sous la 5e République deux députés issus de l'extrême droite.
Cette accumulation de déboires s'est pourtant réalisée pendant la durée ou juste après la durée du seul mandat du Président Sarkozy, soit 5 ans. Il est difficile de trouver un échec aussi généralisé dans l'histoire récente de la France. Cette succession de déboires semble, cependant, constituer plus un rejet de la « méthode Sarkozy » qu'un choix délibéré de la gauche politique par les citoyens Français. Cette constatation émane directement du taux élevé d'abstention (près de 45%) mesuré lors des dernières élections législatives. A l'issue de ces cinq années, il est légitime de s'interroger sur les raisons du choix des Français en mai 2007, alors qu'ils avaient la possibilité d'élire madame Ségolène Royal. La relecture du programme en 100 points qu'elle avait présenté alors peut donner à réfléchir aujourd'hui lorsqu'on le compare au bilan de cinq années de « Sarkozysme »...
Il est évident qu'aujourd'hui, la détention par la gauche politique, d'un pouvoir aussi grand lui confère des responsabilités immenses. Elle a cinq ans pour faire ses preuves faute de quoi le balancier électoral retournera inéluctablement vers la droite. La gauche française devra, notamment, montrer son engagement dans la construction d'une Europe sociale, intégrée et solidaire, dans l'amélioration du sort des citoyens français les plus démunis et dans le soutien à la classe moyenne. Pour cela elle devra contribuer au rassemblement des forces de progrès de l'Union européenne afin, de favoriser la re industrialisation des pays européens, de catalyser la recherche et l'innovation, de maitriser la spéculation de la finance internationale, et de forger un sentiment d'appartenance commun aux peuples de l'Union européenne...
dimanche 22 avril 2012
Que ce que nous méritons...
Les français ont eu ce qu'ils méritent en 2007 et subiront probablement, une fois de plus, le même sort en 2012.
En 2007, au second tour de l'élection présidentielle, le choix était entre S. Royale et N. Sarkozy. Ce dernier l'a emporté suite à la relative marginalisation de son adversaire socialiste. Celle-ci a eu, en effet, à souffrir des attaques de membres de son propre parti, le Parti Socialiste, et de sa « ringardisation » entretenue dans les médias. Il est pourtant clair, cinq ans après, que S. Royale aurait été, au moins aussi bonne, sinon meilleure, comme Présidente pour la France que celui qui a été élu. Si l'on en juge par la gestion qu'elle a menée à la tête de la Région Poitou-Charente, elle aurait été plus respectueuse des finances publiques, plus attentionnée envers les plus démunis et plus solidaire avec les nations membres de l'Union Européenne. A l'inverse, le président Sarkozy a plombé les finances publiques, a explosé le budget de fonctionnement de l'Elysée, a accru les déficits publics et la dette, n'a pas maitrisé l'augmentation du chômage, n'a pas diminué les inégalités sociales à l'école, a laissé les banlieues s'enfoncer dans le marasme, a pactisé avec les dictateurs du monde arabe pour mieux leur planter un couteau dans le dos ensuite... Bien sûr il y a eut de maigres succès comme le rapprochement avec l'Allemagne, mais ils restent peu nombreux.
Aujourd'hui, il est malheureusement fort probable que l'histoire se répète et, qu'au second tour de l'élection présidentielle de 2012, les français n'aient le choix qu'entre N. Sarkozy et F. Hollande. Cette perspective est triste car elle enferme la France dans un choix sans possibilité de rupture. Cette situation élimine les candidats qui auraient pu conduire la France vers un vrai changement. Parmi ceux-ci, un des plus crédible, qui a fait preuve de rigueur morale et d'une certaine éthique citoyenne, à savoir F. Bayrou. Un candidat qui propose un programme qui engagerait la France dans la seule voie d'avenir pour elle, à savoir l'intégration européenne. F. Bayrou a été marginalisé par les appareils de partis et n'a pu être entendu comme il aurait du l'être. L'autre candidat réformateur, qui aurait pu apporter un changement par rapport à la politique actuelle est JL Mélanchon du « Parti de Gauche ». Il a, lui aussi, été mis de côté et ne figurera probablement pas dans le couple de candidats qui seront présents au second tour. Tout se passe comme si les français avaient peur du changement et souhaitaient dans le fond d'eux-mêmes reproduire à l'infini les mêmes erreurs plutôt que d'affronter les risques inhérents à la découverte de nouvelles voies d'avenir...
F. Hollande a mené une campagne intense et défendu un programme dont l'analyse peut laisser craindre bien des déboires s'il était élu. Il est, en outre, difficile de faire crédit à un homme qui ne s'assume pas physiquement et qui a transformé son image dans le but de séduire les électeurs. La sincérité d'une telle démarche est douteuse. Il s'est placé dans une situation politique qui risque d'être très inconfortable, écartelé entre deux partis éloignés que sont « Europe-Ecologie-les Verts » d'Eva Joly et le « Parti de Gauche » de JL Mélanchon. Ces alliances seront difficiles à satisfaire simultanément. Il est à craindre que l'attention du candidat socialiste ne soit pas tournée en priorité vers la diminution de la dette et des déficits publics mais qu'il contribue plutôt à les creuser par une politique trop inspirée par la facilité de la création d'emplois subventionnés par les fonds publics...
Quand à Sarkozy, son éventuelle re élection n'aurait aucune chance d'améliorer la situation difficile de la France...
Il est a craindre que pendant les cinq années à venir les français n'aient encore à se plaindre de ce qu'ils auront, par leur choix, mérité...
En 2007, au second tour de l'élection présidentielle, le choix était entre S. Royale et N. Sarkozy. Ce dernier l'a emporté suite à la relative marginalisation de son adversaire socialiste. Celle-ci a eu, en effet, à souffrir des attaques de membres de son propre parti, le Parti Socialiste, et de sa « ringardisation » entretenue dans les médias. Il est pourtant clair, cinq ans après, que S. Royale aurait été, au moins aussi bonne, sinon meilleure, comme Présidente pour la France que celui qui a été élu. Si l'on en juge par la gestion qu'elle a menée à la tête de la Région Poitou-Charente, elle aurait été plus respectueuse des finances publiques, plus attentionnée envers les plus démunis et plus solidaire avec les nations membres de l'Union Européenne. A l'inverse, le président Sarkozy a plombé les finances publiques, a explosé le budget de fonctionnement de l'Elysée, a accru les déficits publics et la dette, n'a pas maitrisé l'augmentation du chômage, n'a pas diminué les inégalités sociales à l'école, a laissé les banlieues s'enfoncer dans le marasme, a pactisé avec les dictateurs du monde arabe pour mieux leur planter un couteau dans le dos ensuite... Bien sûr il y a eut de maigres succès comme le rapprochement avec l'Allemagne, mais ils restent peu nombreux.
Aujourd'hui, il est malheureusement fort probable que l'histoire se répète et, qu'au second tour de l'élection présidentielle de 2012, les français n'aient le choix qu'entre N. Sarkozy et F. Hollande. Cette perspective est triste car elle enferme la France dans un choix sans possibilité de rupture. Cette situation élimine les candidats qui auraient pu conduire la France vers un vrai changement. Parmi ceux-ci, un des plus crédible, qui a fait preuve de rigueur morale et d'une certaine éthique citoyenne, à savoir F. Bayrou. Un candidat qui propose un programme qui engagerait la France dans la seule voie d'avenir pour elle, à savoir l'intégration européenne. F. Bayrou a été marginalisé par les appareils de partis et n'a pu être entendu comme il aurait du l'être. L'autre candidat réformateur, qui aurait pu apporter un changement par rapport à la politique actuelle est JL Mélanchon du « Parti de Gauche ». Il a, lui aussi, été mis de côté et ne figurera probablement pas dans le couple de candidats qui seront présents au second tour. Tout se passe comme si les français avaient peur du changement et souhaitaient dans le fond d'eux-mêmes reproduire à l'infini les mêmes erreurs plutôt que d'affronter les risques inhérents à la découverte de nouvelles voies d'avenir...
F. Hollande a mené une campagne intense et défendu un programme dont l'analyse peut laisser craindre bien des déboires s'il était élu. Il est, en outre, difficile de faire crédit à un homme qui ne s'assume pas physiquement et qui a transformé son image dans le but de séduire les électeurs. La sincérité d'une telle démarche est douteuse. Il s'est placé dans une situation politique qui risque d'être très inconfortable, écartelé entre deux partis éloignés que sont « Europe-Ecologie-les Verts » d'Eva Joly et le « Parti de Gauche » de JL Mélanchon. Ces alliances seront difficiles à satisfaire simultanément. Il est à craindre que l'attention du candidat socialiste ne soit pas tournée en priorité vers la diminution de la dette et des déficits publics mais qu'il contribue plutôt à les creuser par une politique trop inspirée par la facilité de la création d'emplois subventionnés par les fonds publics...
Quand à Sarkozy, son éventuelle re élection n'aurait aucune chance d'améliorer la situation difficile de la France...
Il est a craindre que pendant les cinq années à venir les français n'aient encore à se plaindre de ce qu'ils auront, par leur choix, mérité...
lundi 26 mars 2012
Evolution politique comparée de la France et du Québec
Lorsque l'on se donne la peine de comparer les évolutions politiques de la France et du Québec on peut être surpris de constater des divergences importantes.
Les Québécois s'intègrent de plus en plus au sein de la Fédération canadienne comme en atteste plusieurs évènements politiques récents : la déconfiture du Bloc Québécois, parti souverainiste du Québec, et la croissance simultanée du Nouveau Parti Démocrate (NPD), parti fédéral, lors des dernières élections fédérales au Canada; la récente élection du député Québécois, Thomas Mulcair, à la tête du NPD; la perte d'influence, révélée par les sondages, du Parti Québécois (PQ), un parti politique à base provinciale qui a depuis longtemps été le porteur de l'indépendance du Québec... Un certain nombre d'autres signes viennent corroborer cette tendance : l'anglicisation progressive de la métropole québécoise, Montréal, où le nombre de personnes s'exprimant en français à la maison pourrait passer sous la barre des 50 % d'ici une vingtaine d'années, s'il faut en croire les conclusions d'une des cinq études présentées le 23 mars 2012 par l'Office québécois de la langue française; la tentation de plus en plus fréquente pour les jeunes Québécois de partir chercher du travail dans les provinces de l'ouest canadiens. La migration déficitaire du Québec, l'une des plus déficitaire du pays, a retiré près de 2 G$ à son économie. Pendant ce temps, le mouvement de la main d'oeuvre rapportait 4,62 G$ à l'économie de l'Alberta.... Le plus étonnant est que cette évolution du Québec se réalise alors que le Gouvernement fédéral est aujourd'hui majoritaire et conservateur, soit un gouvernement plus à droite que les gouvernements précédents dirigés par le Parti Libéral (PL) notamment...
Pendant la même période de temps, on peut observer un mouvement inverse en France : les français se replient de plus en plus sur eux-mêmes en refusant, chaque jour un peu plus, le développement de l'intégration dans l'Union Européenne... Plusieurs évènements témoignent de ce repli : il y a eut le vote négatif de la France, en mai 2005, à la ratification du Traité établissant une Constitution pour l'Europe; on peut aussi relever la montée dans les sondages du Front National de Marine Le Pen, un parti qui prône le retrait de l'Union Européenne et l'abandon de l'Euro; au cours de la récente campagne pour l'élection présidentielle en France, le Président Sarkozy a même proposé de revenir sur les accords de Schengen qui établissent la libre circulation des citoyens au sein de l'Europe; pire encore; la récente crise de la dette en Europe a montré combien les Etats européens étaient divisés et non solidaires, s'arc-boutant sur des positions frileuses de chacun pour soi au lieu de faire face aux difficultés de façon solidaire. Il était pourtant clair, pour tout économiste, que le soi-disant « problème Grec » n'était qu'un petit défi pour les économies européennes si elles avaient été solidaires...
Bref, on l'aura compris, alors que les citoyens du Québec envisagent de plus en plus leur avenir comme faisant partie intégrante de celui de la Fédération canadienne, les citoyens Français semblent se tourner plus vers des positions nationalistes les éloignant de l'intégration européenne... Il est légitime de s'interroger sur les raisons d'une telle divergence entre ces deux nations?
Sans vouloir épuiser le sujet, il me semble que l'une des raisons de cette observation serait à rechercher dans l'histoire de ces deux pays.
Le Québec qui est connu pour ne pas cultiver son histoire au point que le débat sur l'enseignement de l'histoire est un thème qui revient régulièrement à la une des médias. Les résultats désolants de l’enseignement de l’histoire du Québec et du Canada sont tels qu’un sérieux coup de barre doit être donné pour mieux former les futurs enseignants, a conclu une étude de la Fondation Lionel Groulx et la Coalition pour l’histoire présentée en mars 2012. Le rapport de 34 pages, rédigé par l’historien Éric Bédard et la chercheuse Myriam D’Arcy a donné lieu à un constat clair : les professeurs du primaire, du secondaire et du cégep ne sont pas qualifiés, et de grands pans de l’histoire du Québec et du Canada sont négligés dans les cours. Dans ces conditions, les citoyens Québécois, se percevant comme sans passé et voyant leur grand projet d'avenir, celui de la souveraineté du Québec, s'éloigner au fil des échecs référendaires, n'ont plus guère d'autre solution que celle de se tourner vers la construction d'un avenir au sein de la Fédération du Canada...
Pour la France, la situation est tout autre : l'histoire de ce pays est une grande histoire. La France a beaucoup de mal à oublier l'époque où elle était une puissance politique incontournable, où sa langue était celle des diplomates et des scientifiques.... Les transferts de souveraineté induits par l'intégration européenne sont ressentis comme des pertes d'influence... Les Français n'ont pas encore compris que seuls ils ne peuvent que perdre de plus en plus de leur pouvoir et de leur influence. Que dans le monde actuel, le pouvoir appartient à ceux qui seront capables de développer de grands projets, des projets qu'un seul pays, fusse t-il la France, serait incapable de mener à bien. Les exemples de Airbus, d'Ariane, des réseaux ferrés,... devraient être médités, faute de quoi l'avenir risque d'être bien sombre pour les citoyens français...
Cette divergence d'orientation politique, sous l'effet de l'accélération de la mondialisation, n'a pourtant rien d'inéluctable et pourrait être contrôlée si les citoyens s'en donnaient la peine. Il serait possible pour les Québécois de s'engager vers un avenir qui respecterait ce à quoi ils tiennent le plus, à savoir leur langue et leur culture. Ils peuvent le faire de différentes façons notamment en passant par la souveraineté ou en devenant des canadiens influant au sein de la Fédération canadienne... Les Français, pour leur part, devraient s'engager résolument dans la construction européenne en mettant tout en œuvre pour que ce grand projet soit à la fois social et culturel et non pas seulement économique et financier comme actuellement...
Les Québécois s'intègrent de plus en plus au sein de la Fédération canadienne comme en atteste plusieurs évènements politiques récents : la déconfiture du Bloc Québécois, parti souverainiste du Québec, et la croissance simultanée du Nouveau Parti Démocrate (NPD), parti fédéral, lors des dernières élections fédérales au Canada; la récente élection du député Québécois, Thomas Mulcair, à la tête du NPD; la perte d'influence, révélée par les sondages, du Parti Québécois (PQ), un parti politique à base provinciale qui a depuis longtemps été le porteur de l'indépendance du Québec... Un certain nombre d'autres signes viennent corroborer cette tendance : l'anglicisation progressive de la métropole québécoise, Montréal, où le nombre de personnes s'exprimant en français à la maison pourrait passer sous la barre des 50 % d'ici une vingtaine d'années, s'il faut en croire les conclusions d'une des cinq études présentées le 23 mars 2012 par l'Office québécois de la langue française; la tentation de plus en plus fréquente pour les jeunes Québécois de partir chercher du travail dans les provinces de l'ouest canadiens. La migration déficitaire du Québec, l'une des plus déficitaire du pays, a retiré près de 2 G$ à son économie. Pendant ce temps, le mouvement de la main d'oeuvre rapportait 4,62 G$ à l'économie de l'Alberta.... Le plus étonnant est que cette évolution du Québec se réalise alors que le Gouvernement fédéral est aujourd'hui majoritaire et conservateur, soit un gouvernement plus à droite que les gouvernements précédents dirigés par le Parti Libéral (PL) notamment...
Pendant la même période de temps, on peut observer un mouvement inverse en France : les français se replient de plus en plus sur eux-mêmes en refusant, chaque jour un peu plus, le développement de l'intégration dans l'Union Européenne... Plusieurs évènements témoignent de ce repli : il y a eut le vote négatif de la France, en mai 2005, à la ratification du Traité établissant une Constitution pour l'Europe; on peut aussi relever la montée dans les sondages du Front National de Marine Le Pen, un parti qui prône le retrait de l'Union Européenne et l'abandon de l'Euro; au cours de la récente campagne pour l'élection présidentielle en France, le Président Sarkozy a même proposé de revenir sur les accords de Schengen qui établissent la libre circulation des citoyens au sein de l'Europe; pire encore; la récente crise de la dette en Europe a montré combien les Etats européens étaient divisés et non solidaires, s'arc-boutant sur des positions frileuses de chacun pour soi au lieu de faire face aux difficultés de façon solidaire. Il était pourtant clair, pour tout économiste, que le soi-disant « problème Grec » n'était qu'un petit défi pour les économies européennes si elles avaient été solidaires...
Bref, on l'aura compris, alors que les citoyens du Québec envisagent de plus en plus leur avenir comme faisant partie intégrante de celui de la Fédération canadienne, les citoyens Français semblent se tourner plus vers des positions nationalistes les éloignant de l'intégration européenne... Il est légitime de s'interroger sur les raisons d'une telle divergence entre ces deux nations?
Sans vouloir épuiser le sujet, il me semble que l'une des raisons de cette observation serait à rechercher dans l'histoire de ces deux pays.
Le Québec qui est connu pour ne pas cultiver son histoire au point que le débat sur l'enseignement de l'histoire est un thème qui revient régulièrement à la une des médias. Les résultats désolants de l’enseignement de l’histoire du Québec et du Canada sont tels qu’un sérieux coup de barre doit être donné pour mieux former les futurs enseignants, a conclu une étude de la Fondation Lionel Groulx et la Coalition pour l’histoire présentée en mars 2012. Le rapport de 34 pages, rédigé par l’historien Éric Bédard et la chercheuse Myriam D’Arcy a donné lieu à un constat clair : les professeurs du primaire, du secondaire et du cégep ne sont pas qualifiés, et de grands pans de l’histoire du Québec et du Canada sont négligés dans les cours. Dans ces conditions, les citoyens Québécois, se percevant comme sans passé et voyant leur grand projet d'avenir, celui de la souveraineté du Québec, s'éloigner au fil des échecs référendaires, n'ont plus guère d'autre solution que celle de se tourner vers la construction d'un avenir au sein de la Fédération du Canada...
Pour la France, la situation est tout autre : l'histoire de ce pays est une grande histoire. La France a beaucoup de mal à oublier l'époque où elle était une puissance politique incontournable, où sa langue était celle des diplomates et des scientifiques.... Les transferts de souveraineté induits par l'intégration européenne sont ressentis comme des pertes d'influence... Les Français n'ont pas encore compris que seuls ils ne peuvent que perdre de plus en plus de leur pouvoir et de leur influence. Que dans le monde actuel, le pouvoir appartient à ceux qui seront capables de développer de grands projets, des projets qu'un seul pays, fusse t-il la France, serait incapable de mener à bien. Les exemples de Airbus, d'Ariane, des réseaux ferrés,... devraient être médités, faute de quoi l'avenir risque d'être bien sombre pour les citoyens français...
Cette divergence d'orientation politique, sous l'effet de l'accélération de la mondialisation, n'a pourtant rien d'inéluctable et pourrait être contrôlée si les citoyens s'en donnaient la peine. Il serait possible pour les Québécois de s'engager vers un avenir qui respecterait ce à quoi ils tiennent le plus, à savoir leur langue et leur culture. Ils peuvent le faire de différentes façons notamment en passant par la souveraineté ou en devenant des canadiens influant au sein de la Fédération canadienne... Les Français, pour leur part, devraient s'engager résolument dans la construction européenne en mettant tout en œuvre pour que ce grand projet soit à la fois social et culturel et non pas seulement économique et financier comme actuellement...
lundi 27 février 2012
La crise dans les Départements d'Outre-Mer français
Les explosions de violences à répétitions qui frappent les Départements d'Outre-Mer (DOM) français, telle la plus récente qui a vu la Réunion en proie à une vague de violences, ont une cause pourtant évidente : le chômage qui frise les 30 % de la population et est encore plus élevé (environ 60%) chez les moins de 25 ans. Le chômage, sans en être la seule cause, entraine avec lui bien d'autres problèmes : vie chère, problèmes de santé, de logement, pauvreté, délinquance,... Il est aussi connu que les DOM sont les départements français les plus touchés par l'insécurité.
Il est clair que les quelques décisions prises dans l'urgence, comme l'attribution de « primes de vie chère » ou l'abaissement artificiel du prix de quelques produits de première nécessité, ne sont que cautère sur jambe de bois et leurs effets sont vite oubliés devant l'arrivée de nouvelles difficultés. La solution réside donc, à coup sûr dans la création d'emplois locaux.
Cela pourrait être réalisé à partir de la mise en place d'incitations financières à la création d'entreprises locales. Il faut que des dispositions spécifiques soient prises dans ces départements faute de quoi les violences resurgiront. On pourrait penser, par exemple, à faciliter l'installation d'investisseurs (français ou étrangers) qui s'engageraient par contrat sur des objectifs et sur une durée déterminés, ou encore à des mesures de protection douanière des marchés locaux...
L'Etat français devrait donc re orienter ses aides dans cette direction. La plupart des subventions devraient être revues en fonction de leurs capacités à créer des emplois. Je pense notamment aux programmes de formation professionnelle qui, faute de débouchés sur le marché du travail, restent souvent sans effet. Faute de cela, la lutte contre la cherté de la vie dans ces départements risque de n'être qu'une action conjoncturelle de courte durée...
Cela est-il possible dans le cadre de la législation actuelle? Il est probable qu'une autonomisation plus grande de ces départements soit nécessaire pour que soit mises en place plus rapidement les mesures préconisées plus haut. Il n'est pas certain que le statut actuel soit propice à cette forme d'autonomie des DOM. La meilleure preuve de cela est que les problèmes sont toujours présents et qu'ils sont récurrents... L'installation prochaine de « l'Assemblée unique » (fusion du Conseil Général et du Conseil Régional) à la Martinique et en Guyane devrait constituer un excellent banc d'essai pour tester la possibilité de ces changements...
Il est clair que les quelques décisions prises dans l'urgence, comme l'attribution de « primes de vie chère » ou l'abaissement artificiel du prix de quelques produits de première nécessité, ne sont que cautère sur jambe de bois et leurs effets sont vite oubliés devant l'arrivée de nouvelles difficultés. La solution réside donc, à coup sûr dans la création d'emplois locaux.
Cela pourrait être réalisé à partir de la mise en place d'incitations financières à la création d'entreprises locales. Il faut que des dispositions spécifiques soient prises dans ces départements faute de quoi les violences resurgiront. On pourrait penser, par exemple, à faciliter l'installation d'investisseurs (français ou étrangers) qui s'engageraient par contrat sur des objectifs et sur une durée déterminés, ou encore à des mesures de protection douanière des marchés locaux...
L'Etat français devrait donc re orienter ses aides dans cette direction. La plupart des subventions devraient être revues en fonction de leurs capacités à créer des emplois. Je pense notamment aux programmes de formation professionnelle qui, faute de débouchés sur le marché du travail, restent souvent sans effet. Faute de cela, la lutte contre la cherté de la vie dans ces départements risque de n'être qu'une action conjoncturelle de courte durée...
Cela est-il possible dans le cadre de la législation actuelle? Il est probable qu'une autonomisation plus grande de ces départements soit nécessaire pour que soit mises en place plus rapidement les mesures préconisées plus haut. Il n'est pas certain que le statut actuel soit propice à cette forme d'autonomie des DOM. La meilleure preuve de cela est que les problèmes sont toujours présents et qu'ils sont récurrents... L'installation prochaine de « l'Assemblée unique » (fusion du Conseil Général et du Conseil Régional) à la Martinique et en Guyane devrait constituer un excellent banc d'essai pour tester la possibilité de ces changements...
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