vendredi 18 mai 2012
Loi spéciale au Québec
mardi 15 mai 2012
Le choc des images
vendredi 9 mars 2012
Pourquoi les étudiants québécois ont raison de se battre contre l'augmentation des droits de scolarité.
Le budget de fonctionnement d'une université peut schématiquement se décomposer en trois grandes sections :
les crédits affectés à l'enseignement (bourses, création de postes d'enseignants,...);
les crédits affectés à la recherche (infrastructures techniques, produits consommables,...);
les crédits de gestion (salaires, entretien, infrastructures immobilières, etc).
Les crédits de gestion concernent beaucoup les enseignants (salaires), les personnels administratifs et de soutien (recteurs, vice-recteurs, personnels techniques etc). Ce poste constitue, avec la masse salariale, la dépense essentielle du budget d'une université. Par exemple, pour l'Université de Montréal, ces dépenses représentent 74% du budget en 2011-2012.
Les crédits de recherche concernent plutôt les enseignants-chercheurs, les chercheurs et les personnels de soutien.
Les crédits d'enseignement sont ceux qui touchent le plus les étudiants mais pas seulement eux.
Il est évident que le sous financement des universités n'affecte que peu les crédits de gestion. En effet, les salaires des professeurs et des recteurs ne diminuent pas avec ce sous financement et cela, même si certains recteurs perçoivent des salaires supérieurs à 300 000 dollars par an. D'ailleurs, si elle était concernée par le sous financement, cette catégorie de personnel serait en grève aux cotés des étudiants, ce qui n'est pas le cas.
Le sous financement affecte peu les crédits de recherche car ceux ci dépendent en grande partie de fonds privés. La recherche est financée en grande partie par des levées de fonds. Ainsi, l'Université de Montréal, par exemple, reçoit, en 2011, du Gouvernement 22 millions de dollars pour la recherche, alors que ses dépenses de recherche s'élèvent à 65 millions de dollars. Donc seuls 34% des crédits de recherche proviennent du financement gouvernemental. Là encore, ni les chercheurs ni les enseignants-chercheurs ne sont en grève aux cotés des étudiants.
Il reste donc les crédits d'enseignement qui intéressent principalement les étudiants. Le sous financement les affecte donc en premier lieu. Il n'est donc pas anormal de les voir en grève aujourd'hui car ils sont les premiers concernés par le sous financement des universités. Ils ont d'autant plus raison de se rebeller, que le gouvernement leur demande d'assurer par eux-mêmes une partie du comblement du déficit. Autrement dit, ce sont ceux qui sont le plus affectés par le sous financement qui sont sollicités pour renflouer les budgets des universités! Il y a là une proposition qui frise l'indécence...
mardi 30 août 2011
Le droit d'inscription à l'université est-il un droit?
Je trouve qu'il y a plusieurs aspects gênants dans cette façon de raisonner :
Le premier est de donner, encore une fois, un rôle prépondérant, à l'argent pourtant déjà trop puissant dans nos société. Il me semble que cette approche n'est, ni pédagogique, ni morale. Il serait plus responsable, plus correct sur un plan éthique, de faire appel à d'autres arguments pour responsabiliser les étudiants et pour leur faire toucher du doigt l'intérêt des études supérieures. Il serait, par exemple, possible de leur indiquer l'importance cruciale des connaissances dans la formation de leur personnalité et pour le développement harmonieux de la société...
Le second aspect qui me dérange est que, souvent, lorsqu'on adopte des droits élevés, les étudiants ont alors tendance à devenir des clients de l'université. Ceux-ci, ayant payé chèrement leur droit d'entrée à l'université, s'estiment souvent en droit de recevoir leur diplôme a l'issue de leur formation quelque soit l'effort fourni. Cette façon de faire vient, en outre, modifier aussi le comportement de l'université elle-même qui tend à délivrer plus facilement ses diplômes afin d'avoir plus de « clients », ses ressources étant dépendantes de cette source de financement. Ceci peut s'observer, notamment, dans nombre d'universités anglo-saxonnes où l'on voit parfois les administrations universitaires et les étudiants faire pression sur le corps enseignant afin de délivrer les diplômes plus facilement...
Le troisième point qui me paraît important est que, si le droit d'inscription à l'université est un véritable droit, au sens étymologique du latin « directum » (ce qui est juste), alors il doit permettre une inscription facile des étudiants aux études supérieures et non leur barrer la route à ce type d'études...
Pour conclure, je pense qu'il faut maintenir les droits d'inscription à un bas niveau et, dans le même temps, responsabiliser les étudiants en pratiquant une sélection à l'entrée des formations. L'effort intellectuel que devront fournir les étudiants pour intégrer une formation devient une garantie de l'intérêt qu'ils porteront plus tard à leur cursus universitaire. C'est d'ailleurs ce qui est observé dans la plupart des filières sélectives en France. Il y aurait, en outre, là un moyen de mieux adapter les formations aux besoins de la société.